Rétrospective de la conférence virtuelle du RCDR 2025

Par : Mélanie Plante, Coordinatrice des communications
https://doi.org/10.82389/d1g7-4280
La conférence virtuelle du RCDR est de retour ! Revue des faits saillants de 2025
À l’approche de la conférence virtuelle du RCDR 2026, nous nous penchons sur certaines des discussions qui ont marqué l’événement de l’année dernière.
La conférence de 2025 a réuni la communauté de recherche du Canada autour du thème Les savoirs libres et les avenirs durables, pour explorer comment la recherche libre, les infrastructures numériques et la collaboration peuvent contribuer à bâtir un écosystème de recherche plus équitable.
Nous présentons ici quelques-unes des nombreuses séances marquantes.
Pour combler les lacunes, pour nouer des relations : comprendre les données des sciences humaines autochtones dans le contexte de la science ouverte
Animée par Deanna Reder, Alix Shield et Susan Glover, la discussion a porté sur le projet de recherche The People and the Text (TPatT) mené à la Simon Fraser University, qui vise à redonner vie à la littérature autochtone négligée au Canada. Cette initiative élargit l’accès aux écrits autochtones pour les chercheurs, les étudiants et le grand public, grâce à des textes numériques, à des outils d’enseignement et à des ressources soigneusement organisées.
Le panel a mis en lumière l’importance de la responsabilisation, de l’établissement de relations et d’un engagement éthique dans le travail avec ces documents, en s’appuyant notamment sur un exemple marquant tiré des recherches d’Alix Shield.
Mme Shield a découvert que Halfbreed, les mémoires marquantes de Maria Campbell publiées en 1973, qui constituent un pilier de la littérature autochtone au Canada, avait été discrètement censuré avant sa publication. Les éditeurs avaient en effet supprimé des passages essentiels contre la volonté expresse de Mme Campbell.
La découverte de Shield, ainsi que le soin qu’elle a apporté à restituer les passages retranchés à Maria Campbell, ont mené à la republication de Halfbreed dans une édition restaurée en 2019, permettant enfin à Campbell de raconter son histoire comme elle l’avait souhaité.
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De meilleures données, un fardeau allégé, un impact accru : la valeur des identifiants pérennes dans l’écosystème de la recherche
Si vous travaillez en recherche, vous avez très certainement, et fort probablement sans le savoir, ressenti les inconvénients liés au fait de ne pas avoir d’identifiants pérennes (PID).
Présenté par John Aspler, Adam Eikenberry, Mike Nason et Robyn Nicholson, ce panel a examiné la manière dont les PID transforment l’écosystème de la recherche en créant des liens stables et permanents entre les chercheurs, les établissements, les publications, les ensembles de données et les renseignements sur le financement, à travers les différents systèmes à l’échelle mondiale.
Le principe fondamental est simple : au lieu d’une saisie de données isolée et ponctuelle, les PID permettent aux informations de circuler de manière fluide entre les plateformes. Un profil unique, comme un dossier ORCID, peut alimenter plusieurs systèmes à la fois, ce qui évite d’avoir à saisir à nouveau les mêmes publications et les mêmes informations d’identification chaque fois que vous changez de plateforme.
Les subventions constituent un bon exemple de cette pratique. Comme l’a fait remarquer Adam Eikenberry, « dans le domaine du financement, l’intégration entre les systèmes de subvention et les PID n’est pas une nouveauté ; c’est simplement une tendance qui gagne peu à peu le Canada ». Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) ont récemment fait un pas dans cette direction, en permettant l’intégration d’ORCID via leur plateforme Convergence, afin que les candidats puissent extraire directement d’ORCID les informations relatives à leurs publications pour les intégrer à leurs demandes.
Les participants au panel ont également abordé la question dans une perspective plus large : une stratégie nationale sur les PID pour le Canada qui ferait de ce flux d’informations fluide la norme dans l’ensemble de l’écosystème de la recherche. Pour les chercheurs déjà submergés par les tâches administratives, il s’agit là d’une orientation prometteuse.
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Bibliothèques universitaires et édition savante au Québec : de la collaboration à la mutualisation à travers le Réseau Circé
Le réseau Circé a une vision ambitieuse pour l’édition savante francophone au Québec : une vision ouverte, durable et conçue pour durer.
Au cours de cette séance, présentée en français par Stéphanie Gagnon et Nadia Zurek, nous avons pu découvrir de l’intérieur l’une des initiatives en libre accès les plus prometteuses lancées au Canada ces dernières années. Lancé en juin 2024 grâce à un financement quinquennal du Fonds de recherche du Québec (FRQ), le Réseau Circé a été créé avec une mission claire : accompagner les revues savantes francophones du Québec dans le passage vers un modèle de publication en libre accès diamant, qui n’impose de frais ni aux auteurs ni aux lecteurs.
Pour concrétiser cette vision, le réseau s’articule autour de quatre pôles interconnectés couvrant les revues, les plateformes, les bibliothèques et la découvrabilité. Il s’agit en quelque sorte d’un système de soutien complet dédié à l’édition savante. Le pôle Bibliothèques, coordonné par le Partenariat des bibliothèques universitaires du Québec (PBUQ), est le point de rencontre des 18 bibliothèques universitaires du Québec, qui s’y mobilisent pour mettre en place les services mutualisés dont les revues ont besoin pour prospérer pendant cette transition. Cela va de l’optimisation des processus éditoriaux et de la formation des équipes des bibliothèques et des revues, à l’amélioration de la visibilité des revues et à l’intégration des revues dites « orphelines » (celles qui ne sont rattachées à aucun établissement) sur la plateforme Open Journal Systems (OJS).
Bien sûr, la mise en place d’une infrastructure collaborative entre 18 établissements constitue un défi de taille, et mesdames Gagnon et Zurek n’ont pas reculé devant les obstacles. Elles nous ont offert un regard d’une honnêteté rafraîchissante sur ce qu’il faut pour passer de la bonne volonté et de la collaboration à une infrastructure collective concrète, et expliqué pourquoi cela en vaut la peine.
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Accès mondial à des trésors locaux : une collaboration entre le Botswana et le Canada
Certaines collections d’archives sont trop importantes pour demeurer inaccessibles, et les documents de la famille Khama en sont un parfait exemple.
Au cours de cette séance, Gase Kediseng, Amal Hussien et Jordan Pedersen nous ont présenté un partenariat entre le Khama III Memorial Museum, au Botswana, et les bibliothèques de l’University of Toronto, visant à numériser une collection qui témoigne de la riche histoire du Botswana. L’objectif est de rendre des documents conservés localement accessibles à un public international, sans pour autant négliger les capacités locales, en privilégiant l’expertise en matière de numérisation et de préservation là où se trouve la collection.
Ce qui distingue ce projet, c’est son caractère véritablement réciproque. Comme le souligne Jordan Pedersen : « Cela aidera nos chercheurs [dans leur perfectionnement professionnel], mais cela permettra aussi aux habitants du Botswana d’avoir accès à ces documents et de développer un sentiment d’identité – ce qui est vraiment formidable. »
Ce sentiment d’identité est au cœur même du projet. Pour Kediseng et bien d’autres, ouvrir l’accès à cette collection signifie pouvoir retracer son héritage, renouer avec sa culture et se réapproprier des récits qui, sans cela, risqueraient de rester inaccessibles.
Si les bibliothèques de l’Université de Toronto ont trouvé dans ce projet un modèle de collaboration internationale bien pensé, le musée a quant à lui l’occasion de faire connaître l’histoire du Botswana selon ses propres conditions.
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Soyez des nôtres cette année : les discussions se poursuivent
Cette année encore, nous avons été impressionnés par la qualité des propositions de communication, et nous sommes impatients de vous dévoiler le programme de la Conférence virtuelle du RCDR 2026, qui se tiendra du 12 au 14 mai !
Le thème de cette année, Collaborations créatives, élan collectif, met en avant la force des partenariats entre bibliothèques, établissements de recherche, éditeurs savants et fournisseurs d’infrastructures. En unissant leurs efforts, ces communautés mettent en place les systèmes, les politiques et les relations indispensables pour faire progresser le savoir libre et renforcer l’écosystème de recherche du Canada.
Pendant trois jours, la conférence proposera des panels, des présentations et des discussions qui exploreront les nouvelles tendances en matière de communication savante, de patrimoine numérique, de publication en libre accès, d’infrastructures de recherche et de gestion des données. Les participantes et participants pourront écouter des spécialistes de partout au Canada qui présenteront des idées concrètes, des projets novateurs et des approches collaboratives en vue de relever certains des défis les plus urgents auxquels fait face aujourd’hui la communauté de la recherche numérique.
Le programme de cette année promet d’être le plus varié et le plus stimulant à ce jour. Que vous soyez bibliothécaire, chercheur, éditeur ou historien, la Conférence virtuelle du RCDR vous offre l’occasion d’échanger des idées et d’apprendre auprès de collègues qui travaillent à l’avant-garde du savoir libre.
Au plaisir de vous y retrouver !

Mélanie Plante (https://orcid.org/0009-0000-5563-3743)
Mélanie détient d'un B.A. spécialisé en anglais de l'Université d'Ottawa. Elle a commencé à travailler pour le RCDR en février 2024 et est passionnée par la littérature canadienne.